Inadmissible: atteint d’un cancer et en situation de handicap, il doit payer des sièges supplémentaires pour prendre l’avion

Inadmissible: atteint d’un cancer et en situation de handicap, il doit payer des sièges supplémentaires pour prendre l’avion

Article publié le

Un trajet vers le répit qui tourne à l’épreuve

Pour une mère célibataire, offrir quelques jours de répit à ses enfants relevait de la nécessité. Le voyage vers Chypre devait marquer une parenthèse de douceur, loin des traitements. À 15 ans, Matéis lutte contre un cancer et enchaîne les soins depuis des mois. Sa jambe immobilisée en extension impose des précautions très strictes. La famille se prépare avec soin, contacte la compagnie et détaille ses besoins d’assistance.

La facture qui indigne

Au téléphone, la demande d’aide se heurte à une exigence inattendue et douloureuse. Deux sièges supplémentaires sont imposés, pour permettre à l’adolescent d’étendre sa jambe. La note grimpe à 217 euros, une somme lourde pour un budget déjà serré. La mention “broken leg” figure sur le reçu, une formulation froide et administrative. La mère paie, convaincue qu’elle n’a pas d’autre choix, épuisée par les démarches.

Entre certificats, formulaires et délais, l’année ressemble à une course d’obstacles. À la rentrée, un PAI doit être monté, avec un transport adapté pour le fauteuil. Chaque étape coûte du temps, de l’énergie et des larmes. L’impression d’être pénalisée pour un handicap s’installe, bien au-delà de la simple erreur.

La voix des associations

Alertée, l’association Grandir sans cancer dénonce une situation discriminatoire. Sa responsable dans la Somme, la docteure Elise Quillent, dit sa stupeur et son indignation. Elle rappelle qu’il ne s’agit pas d’un confort, mais d’une nécessité médicale. Le supplément ressemble à une pénalité, infligée à une famille déjà très éprouvée.

“Franchement, on hallucine: selon quel principe la jambe d’un enfant malade et en situation de handicap devrait coûter 217 euros ?”, s’indigne la médecin. La demande de remboursement essuie d’abord un refus, malgré des échanges précis et argumentés. Le ressenti est celui d’une injustice, qui dépasse un simple incident commercial.

La réponse de la compagnie

Contactée, la compagnie évoque une erreur humaine et promet un remboursement. Elle renvoie vers la page d’assistance spéciale, sans modalités claires pour les cas complexes. Le service client assure faire du bien‑être des passagers une priorité. La famille est finalement recontactée pour excuses et prise en charge des frais. La résolution n’efface pas la blessure, ni le sentiment d’un traitement inégal.

Un symptôme d’un problème plus large

Au‑delà de ce vol, l’histoire met en lumière la fragilité des parcours de soins. Les personnes à mobilité réduite restent trop souvent confrontées à des obstacles logistiques. En Europe, le règlement 1107/2006 protège les droits des voyageurs handicapés, sans surtaxe d’assistance. Mais la pratique quotidienne varie selon les compagnies, les équipes et les aéroports. Le manque de procédures claires génère incompréhensions et coûts évitables.

Adapter un siège, dégager un espace ou coordonner une embarquement prioritaire relève du bon sens. Une jambe allongée ne devrait pas devenir un luxe, encore moins un supplément. C’est une exigence de dignité, au cœur du service public que représente, de fait, la mobilité. La bonne volonté ne suffit pas sans formation, protocoles et contrôles.

Ce que les voyageurs fragiles devraient pouvoir attendre

  • Un accueil d’assistance standardisé et compréhensible, dès la réservation.
  • Des sièges et rangées à grand pitch, identifiés et sans surcoût médical.
  • Une coordination fluide entre aéroport, compagnie et prestataires d’assistance.
  • Des équipes formées à la prise en charge des situations complexes.
  • Un canal de recours rapide, avec décisions tracées et motivées.

L’épreuve invisible des familles

Derrière chaque billet, il y a un agenda de soins, des nuits blanches et des angoisses. Les formulaires à remplir, les certificats à renouveler, les classes à réorganiser. Les mères et pères jonglent avec les horaires, anticipent les crises de douleur, gèrent les moindres imprévus du quotidien. Leur charge mentale est immense, et la moindre friction administrative devient une montagne.

Ce voyage devait être un temps de fraternité, pour deux frères qui grandissent trop vite. Un moment de mer au goût de liberté, pas une leçon de procédures opaques. L’épisode laissera une trace, mais il rappelle aussi la force d’un collectif. Quand les associations, les soignants et les familles se parlent, les lignes peuvent bouger. Et si un appel, une écoute et un geste suffisent parfois, le vrai progrès naît de règles simples et de pratiques cohérentes, appliquées avec humanité.



Vous aimez ou pas cette Gay Pride?

Poursuivez votre Gay Pride en ajoutant votre commentaire!

Soyez de la fête!
Ajouter votre commentaire concernant cette Gay Pride!

Soyez le premier à débuter la conversation!.

<