Plaques à induction: 15 000 fois plus dangereuses que Linky ? La vérité choc de la science

Plaques à induction: 15 000 fois plus dangereuses que Linky ? La vérité choc de la science

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Une affirmation virale qui joue sur la peur

Sur les réseaux, une vidéo devenue virale oppose les cuisines « modernes » aux anciens pianos à gaz. La consultante y suggère que les plaques à induction bombarderaient notre corps d’ondes à chaque repas. La formule-choc — « L’induction, c’est 15 000 fois pire que le Linky » — a suffi à déclencher une vague d’inquiétude et de commentaires anxieux.

Le discours fait miroiter des solutions miracles, comme un boîtier « anti-ondes » à brancher sur une prise, présenté comme un bouclier pour la maison et le corps. Cette rhétorique associe peurs électromagnétiques et promesses techniques séduisantes, tout en brouillant les repères scientifiques. Or les données publiques racontent une histoire beaucoup moins alarmante que ces déclarations péremptoires.

« L’induction, c’est 15 000 fois pire que le Linky » — une affirmation démentie par des mesures officielles et des références internationales.

Ce que montrent les mesures indépendantes

Les mesures de l’ANFR donnent un ordre de grandeur clair et vérifiable. À 50 cm d’un compteur Linky, le champ électrique typique est d’environ 0,1 V/m, soit 0,1 % de la limite réglementaire de 87 V/m. Pour une plaque à induction utilisée normalement, on observe plutôt autour de 30 V/m, soit 34,5 % de cette référence. On est loin d’un facteur 15 000, qui ne correspond à aucune réalité technique ni à une lecture honnête des données.

Du côté des champs magnétiques, les repères de l’ICNIRP fixent, pour ces basses fréquences, des niveaux de référence compatibles avec une utilisation domestique. La commission précise que les courants induits dans le corps restent au moins 50 fois en dessous du seuil de perturbation du système nerveux, à des distances réalistes d’utilisation. Le message est cohérent avec les campagnes de mesures menées par plusieurs autorités européennes.

Comment fonctionnent ces plaques, et pourquoi ce n’est pas “ionisant”

Une table à induction émet des champs électromagnétiques de basse fréquence, typiquement entre 20 et 100 kHz. Ces champs font chauffer le fond ferromagnétique de la casserole, sans produire de flamme ni de combustion. Le rayonnement est non ionisant: il ne casse pas l’ADN, contrairement aux rayons X ou aux UV énergétiques. La physique derrière cette cuisine est donc très différente des sources vraiment dangereuses pour le matériel génétique.

Les protocoles de mesure publiés par des autorités nationales et la littérature scientifique évaluent l’exposition à des distances réalistes: quelques centimètres à quelques dizaines de centimètres. Le ministère suisse de la Santé a ainsi montré que, pour des plaques conformes, les valeurs restent sous les limites même avec plusieurs foyers allumés à 5–10 cm. L’OMS indique qu’aucun effet néfaste à long terme n’a été démontré pour ces expositions domestiques.

Le vrai bilan risque/bénéfice, et les bons réflexes

Pour la grande majorité des usagers, les autorités jugent l’usage des plaques sécurisé dans les conditions normales de cuisine. À l’inverse, la cuisson au gaz dégrade la qualité de l’air intérieur, accroît les oxydes d’azote et est associée à un risque accru d’asthme chez l’enfant. Le choix technologique s’inscrit donc aussi dans un enjeu de santé environnementale plus large.

Un point de vigilance concerne les porteurs de stimulateurs cardiaques ou de défibrillateurs implantables. Les recommandations de fond consistent à garder une distance raisonnable, éviter de se pencher longtemps au-dessus de la table en fonctionnement, et demander conseil à son cardiologue. Les essais n’indiquent pas de dysfonctionnements en usage normal, mais la précaution de distance minimise d’éventuelles interférences.

Quelques repères pratiques et vérifiables:

  • Utiliser des casseroles à fond ferromagnétique et en bon état.
  • Privilégier les foyers arrière quand c’est possible.
  • Conserver quelques centimètres entre le buste et la table en marche.
  • Éviter les accessoires “anti-ondes” fantaisistes, inefficaces par principe.
  • Aérer la cuisine pendant et après la cuisson, quel que soit l’appareil.

Les dispositifs à brancher sur une prise ne peuvent pas « bloquer » le champ magnétique qui chauffe la casserole, produit localement par la bobine de la plaque. De même, poser des plaques de marbre ou des gadgets décoratifs ne change pas l’exposition et peut même gêner le bon fonctionnement de l’appareil.

Pourquoi un tel décalage avec les discours anxiogènes ?

Les messages alarmistes jouent sur des mots impressionnants — « ondes », « radiations », « énergie » — en dehors de leur contexte scientifique. Ils confondent champs non ionisants, champs électrostatiques, et situations d’exposition extrêmes sans rapport avec une cuisine domestique. Les chiffres officiels, reproductibles et publiés, peinent à rivaliser avec des slogans simples mais faux.

La comparaison avec Linky illustre bien ce travers: on oppose deux objets différents, à des distances et grandeurs physiques différentes, pour produire un ratio absurde. Un débat honnête exige des unités cohérentes, des distances comparables, et des références normatives partagées.

À retenir

Les plaques à induction émettent des champs de basse fréquence non ionisants, contrôlés par des normes internationales et mesurés bien en deçà des seuils sanitaires. Les études disponibles et les mesures publiques ne valident pas l’idée d’un danger massif, encore moins celle d’un facteur « 15 000 ». La prudence raisonnée — distance, ustensiles adaptés, suivi médical pour dispositifs implantables — suffit largement, tandis que les solutions « magiques » restent du domaine du marketing.



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