Avoir Trump au dîner des correspondants de la Maison Blanche n’est pas une offre de paix. C'est une contradiction
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Pour la première fois sous sa présidence, Donald Trump devrait assister au dîner des correspondants de la Maison Blanche, un événement destiné à célébrer le premier amendement et le rôle d'un libre presse. Le symbolisme serait remarquable en toutes circonstances. En ce moment, c’est quelque chose de plus proche du choc.
« Regardez les résultats jusqu'à présent : PBS annulé. NPR annulé… CBS est sous une nouvelle directionet bien assez tôt, CNN va également avoir un nouveau propriétaire.
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Ils ciblent le droit du public à savoir.
Il s'agissait du président de la Commission fédérale des communications, Brendan Carr, nommé par Trump et qui supervise le secteur des communications du pays. s'exprimant lors d'une conférence conservatrice le mois dernier, en passant en revue ce qu'il considère comme des victoires. Il a poursuivi : « Nous n'en sommes pas encore au point où nous levons le drapeau de la « mission accomplie ». Mais le président Trump s'attaque aux fausses informations et le président Trump est en train de gagner. »
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C’était un aveu frappant. Pas seulement d’hostilité envers la presse, mais de quelque chose de plus large : un projet visant à affaiblir, remodeler et finalement contrôler les institutions conçues pour demander des comptes au pouvoir. Lorsqu’un régulateur en place, chargé d’opérer de manière indépendante, considère l’érosion du journalisme indépendant comme un problème. politique tableau de bord, cela devrait alarmer tous ceux qui apprécient une démocratie qui fonctionne.
Les commentaires de Carr n’étaient pas une gaffe. Ils reflètent un effort soutenu visant à délégitimer la presse. Pendant des années, le président Trump a qualifié les journalistes d’« ennemis du peuple », a attaqué les médias qui publient des reportages défavorables et a mis en avant ceux qui renforcent son discours. Ce qui est nouveau et plus préoccupant, c’est l’alignement croissant entre ce discours et les outils du pouvoir gouvernemental.
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Une presse libre n'est pas une institution partisane.
Définancement des radiodiffuseurs publics. Faire pression sur la propriété des entreprises. Signaler une surveillance réglementaire. Ce ne sont pas des griefs abstraits. Il s’agit de mécanismes concrets susceptibles de remodeler le paysage médiatique, en dissuadant la dissidence et en réduisant l’espace réservé aux reportages indépendants.
Une presse libre n'est pas une institution partisane. Il s’agit d’une garantie constitutionnelle, inscrite dans le premier amendement, parce que ses fondateurs ont compris que la démocratie ne peut pas fonctionner sans contrôle. En tant que pierre angulaire de notre démocratie, elle garantit que ceux qui sont au pouvoir restent responsables devant le peuple. Les journalistes enquêtent sur la corruption, dénoncent les abus et fournissent au public les informations nécessaires pour prendre des décisions éclairées. Lorsque ceux qui sont au pouvoir cherchent à intimider ou à saper ce rôle, ils ne visent pas seulement les gros titres. Ils ciblent le droit du public à savoir.
C’est pourquoi le symbolisme du dîner des correspondants de la Maison Blanche est important. Au mieux, le dîner est une réaffirmation que, même au milieu des tensions, la relation entre le gouvernement et la presse est fondée sur une reconnaissance partagée du rôle essentiel de la presse. Ce qui fait que ce moment ressemble moins à une célébration qu’à une contradiction.
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La relation entre le gouvernement et la presse repose sur une reconnaissance commune du rôle essentiel de la presse.
Il ne s’agit pas ici de griefs médiatiques ou de règlements de comptes partisans. Il s’agit de savoir si les États-Unis continuent de respecter les normes qui soutiennent la responsabilité démocratique. Un gouvernement qui traite le journalisme indépendant comme un adversaire à vaincre, plutôt que comme un frein à respecter, risque de perdre sa responsabilité envers les citoyens qu’il sert.
La presse n'est pas parfaite. Aucune institution ne l’est. Mais la réponse à un journalisme imparfait n’est ni l’intimidation ni le contrôle. C’est plus de transparence, plus de responsabilité et un engagement plus profond envers la vérité.
Car les enjeux ne sont pas abstraits. Lorsque la presse est affaiblie, le public se retrouve dans le flou. Et dans une démocratie, c’est dans l’obscurité que prospèrent les abus de pouvoir.
C'est ce que le dîner des correspondants de la Maison Blanche de cette année devrait nous rappeler, et non les discours et les blagues.
Karine Jean-Pierre a été attachée de presse de la Maison Blanche de 2022 à 2025, devenant ainsi la première femme noire et la première personne LGBTQ+ à occuper ce poste. Elle a depuis quitté le Parti démocrate et s'identifie comme indépendante. Jean-Pierre est l'auteur de Aller de l'avant et Indépendant : un regard sur l’intérieur d’une Maison Blanche brisée, en dehors des lignes de parti.

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